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Déclin de Lafarge-Holcim à la bourse : Que s’est-il passé ?

Le jeudi 7 juin dernier, Euronext a annoncé l’entrée du groupe de luxe Hermès au sein du CAC 40 en remplacement du géant suisse de matériaux de construction Lafarge-Holcim. On comptait déjà 4 entreprises du secteur de luxe au sein de l’indice français : LVMH, la plus grosse capitalisation de l’indice, Kering, L’Oréal et Gucci. Hermès intègrera l’indice phare de la Bourse de Paris le 18 juin. Le cimentier Lafarge-Holcim, membre historique de l’indice depuis 1987, en sort.

C’est du ressort du Conseil scientifique des indices d’Euronext de décider, chaque trimestre, de la composition du CAC 40. Il se base sur deux critères majeurs, notamment la taille du capital flottant (part du capital librement échangeable sur le marché), et le nombre d’échanges enregistrés sur les titres.

Hermès est aujourd’hui récompensé après un parcours boursier exemplaire. En effet, depuis 1993, l’année de son introduction en bourse, le cours de ses actions s’est vu multiplié par 111. Autrement dit, un investisseur qui aurait placé sur Hermès 100 euros cette année, se retrouverait à environ de 11 100 euros aujourd’hui hormis les dividendes.

Le groupe, célèbre pour ses carrés de soie et ses sacs Birkin et Kelly, a une capitalisation boursière estimée à près de 59,2 milliards d’euros. Selon l’un de ses dirigeants, « Il s’agit d’une consécration pour Hermès, cette entrée dans le CAC va accroître le flux des capitaux et l’intérêt des investisseurs étrangers ».

Pour sa part, Lafarge-Holcim, dont la capitalisation en Bourse a chuté à environ 27 milliards d’euros (21e capitalisation de l’indice), a perdu un tiers de sa valeur depuis 2015. Aussi, si on se base sur le volume d’échange, le groupe se classe en 44e position.

Les causes sont diverses. Il s’agit dans un premier temps de la fusion de Lafarge avec le groupe suisse Holcim. Dans un second temps, le premier cimentier mondial est accusé d’avoir participé indirectement au financement d’organisation jihadiste en Syrie en 2017.

Le groupe reste toutefois confiant et annonce son objectif de croissance de 5% de l’Ebitda (indicateur financier américain) sur l’année 2018. L’associé fondateur de Talence Gestion, Régis Lefort confirme : « Les résultats du premier trimestre ont été un peu faibles, mais le début d’année est habituellement peu significatif pour Lafarge-Holcim. »

En septembre 2017, lors de la précédente révision de la composition du CAC, le géant finlandais des équipements télécoms Nokia avait été sorti de l’indice au profit du fabricant franco-italien de semi-conducteurs STMicroelectronics. Le Conseil scientifique des indices d’Euronext se réunira à nouveau le 6 septembre 2018.